main guyot

Je suis ce que je pense

Mes prédécesseurs, la plupart d’entre eux, ont pratiqué l’autopsie de la main humaine; ils ont disséqué tous les éléments; un par un ils ont dressé un inventaire complet de tous les symptômes sans tenir compte du contexte global de la main.

Par exemple, ils sont unanimes pour dire qu’une ligne de cœur longue et courbe est un signe d’idéalisme. Certes, mais cette affirmation va prendre des connotations différentes selon les types de mains. L’effet peut être dévastateur chez une rêveuse romantique comme il peut s’avérer bénéfique en ajoutant un brin de sensibilité et de tendresse à un type réaliste et sensuel, impatient d’aboutir.

Assembler les morceaux du casse-tête

Je leur suis fort reconnaissant de ce travail de compilation. Mais ils nous ont livré un cadavre en pièces détachées, sans vie, sans âme et sans l’image globale du puzzle à reconstruire.

A la manière d’Isis qui rassemble les parties du corps démantelé de son mari Osiris éparpillées dans le Nil, je vous propose d’assembler les morceaux du casse-tête composé de reliefs et de signes et de redonner à la main son âme vivante en accord avec sa programmation.

En effet, nous ne sommes pas nos mains. Nous sommes l’énergie vitale qui façonne les formes et électrise les lignes de nos mains. « Je suis ce que je pense » pour reprendre un cliché courant en psychologie, mais en réalité je suis quelque chose de plus que mes pensées, quelque chose de plus que mes émotions et quelque chose de plus que mes actions. C’est ce quelque chose qui vit en moi et me pousse à devenir ce que je suis dans mon essence. Dans la version originale hébraïque du Livre de Job (Ch. XXXVII, ver. 7) nous trouvons ces mots significatifs: « Dieu inscrivit des signes et des sceaux dans les mains de tous les fils des hommes pour que les fils des hommes puissent connaître leurs tâches ».

J’arrive donc au monde formaté avec un livre d’instruction dans les mains. Le bouddhisme professe également que l’être humain crée sa propre destinée. Mais voilà, comment vais-je savoir si je suis branché sur mon Être véritable ou sur mon ego qui me fait paraître adéquat quand je ne le suis pas? L’organisation plus ou moins cohérente des lignes de mes mains va indiquer clairement mon degré d’adhésion à la grande conscience qui crée et dirige tout l’univers. La morphologie de la paume et des doigts va décrire le mécanisme par lequel la petite conscience que je suis, limitée par les concepts acquis et hérités, s’exprime et cherche à s’ouvrir aux forces infinies du cosmos.

Au creux de ma paume sommeille la graine de cette conscience universelle qui ne demande qu’à croître pour accomplir son devoir et remplir sa mission.

La normalité n’existe pas

Le rôle qui nous est assigné ici-bas, saint ou bandit, est donc une proposition individuelle basée sur les dons, les talents et les motivations de chacun. En France nous désignons un être très paresseux comme quelqu’un qui a un poil dans la main. Pour faire germer cette graine de conscience il suffit donc de remonter ses manches et de se frotter les mains. Aspirer à une vie meilleure et s’y employer produit des changements notoires et immédiats tant dans le contenant que dans le contenu des mains. Les formes se modifient et le filage électrique dans les paumes s’unifie en un réseau de lignes continues. Ainsi nous étudierons l’évolution — qui n’est pas synonyme d’amélioration — de la conscience dans la forme par l’examen de la topographie et du climat de la main et non pas l’évolution de la forme de la main et le placement de ses lignes par rapport à une norme décrite dans tous les traités de chirologie, comme étant la main idéale à atteindre et à posséder à tout prix, sous peine d’être taxé d’« anormalité »!

La normalité n’existe pas. Seul l’équilibre des forces en présence retiendra notre attention. Tous les indices hors-normes seront recueillis et composeront le portrait de l’être dans sa globalité. Tel est l’objectif thérapeutique de cette approche holistique innovatrice et rationnelle.

Il n’y a pas deux mains semblables. Les mécanismes sont multiples mais la source qui les anime est la même.

Nous sommes des personnages uniques, tous condamnés à se donner la réplique sur les planches de l’existence, sous le regard amusé de son metteur en scène.

©2017 Jean-Jacques Guyot | Création du site : ChampionWeb.ca

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